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Parler du Coronavirus avec les enfants

Cette semaine, j’ai parlé du Coronavirus avec les enfants. Comme ça, un petit peu intuitivement. En tâtant un peu le terrain, pour voir ce qu’ils savaient, s’ils avaient besoin de plus d’informations, si le sujet ne les inquiétait pas outre mesure. Et à ma grande surprise, ils en savaient déjà beaucoup, avec des informations très approximatives, et il existait bien une certaine inquiétude latente qu’il était nécessaire de désamorcer. Sus donc aux idées reçues, aux vaines inquiétudes, et remettons les choses à leur place pour informer sans dramatiser…

Faut-il parler du Coronavirus aux enfants?

Sur tous les sujets d’actualités peut en effet se poser la question légitime de l’information aux enfants. Ont-ils besoin de savoir? Peuvent-ils comprendre? Ne vont-ils pas avoir peur?

Pourtant, sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres, je m’aperçois qu’il est finalement assez naïf de penser que les enfants demeurent ignorants d’un sujet qui fait la une des médias. Maintenant, ils savent, et rapidement. Ils ont suivi les titres à la radio, ont entendu leurs grands-parents en parler, en ont discuté en cours de récréation déjà avant les vacances. Et risquent donc de se faire de fausses idées et de se créer des peurs inappropriées, dont ils n’oseront eut-être pas parler s’ils voient que nous n’abordons pas le sujet nous-mêmes.

Alors mieux vaut certainement prendre les devants et les informer directement, avec des faits, en les rassurant. Je crois donc en effet qu’il vaut mieux parler dès maintenant du Coronavirus aux enfants. Expliquer. Et dédramatiser éventuellement.

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Parler du coronavirus avec les enfants: des mots simples et des faits pour rassurer

Comment évoquer le Covid-19 avec les enfants?

Il est certainement impressionnant pour un enfant d’entendre parler de ces chiffres énormes à leur échelle, du nombre important de malades et de morts dans le monde. Inquiétant de voir cette nouvelle maladie faire la Une de tous les médias. Angoissant d’entendre parler de toutes les mesures de précautions à prendre, et notamment les concernant les fermetures d’école (et ce même s’il s’agit pour eux d’une bonne nouvelle, elle touche directement leur vie, leur quotidien et peut donc se révéler source d’inquiétude). Je crois que pour parler du Coronavirus avec eux, le mieux est de rester très factuel. Ne rien cacher, mais expliquer. Et surtout relativiser et remettre les choses dans leur contexte.

  • Oui, il s’agit d’une nouvelle maladie. Mais pas totalement inconnue tout de même: ce n’est finalement qu’une nouvelle sorte de grippe que nous ne connaissions pas encore. C’est simplement pour cela que l’on s’inquiète: en tant qu’hommes, nous n’avons pas été confrontés à cette maladie, n’avons pas pu nous en immuniser et risquons donc de tomber malades. Concernant des questions de vocabulaire, le Coronavirus est le terme courant employé pour SARS-CoV-2, le nom complet donné au virus. Et le terme de Covid-19 que l’on entend beaucoup aussi est le nom donné à la maladie qu’il provoque.
  • Oui, il y a beaucoup de malades. Aujourd’hui 94000 dans le monde entier. C’est beaucoup, mais nous sommes plus de 7 milliards d’habitants sur terre… Et s’il y a eu jusqu’à présent plus de 80.000 malades en Chine, il faut se rappeler que c’est le pays le plus peuplé du Monde avec près de 1,5 milliard d’habitants.
  • Oui, la maladie se propage dans le monde entier. Et c’est normal, car à notre époque les régions ne sont pas séparées, les gens se déplacent, voyagent, et peuvent transporter le virus avec eux.
  • Oui, il est vrai qu’il y a des morts. 3200 déjà à travers le monde. C’est triste et c’est grave bien sûr. Mais finalement, il faut surtout retenir que 81 % des cas sont bénins. 14% concernent des pneumonies sévères. 5% sont critiques, c’est-à-dire graves, avec seulement 2% mortels. Un pourcentage supérieur à celui de la grippe saisonnière, c’est vrai, qui tourne autour de 0,2 à 0,5%. Mais il ne faut pas oublier que cette grippe, dont nous avons l’habitude et que nous connaissons tous, provoque selon l’OMS, de 290 000 à 650 000 décès par an dans le monde entier, dont 8100 en France (saison 2018-2019).
  • Oui, il nous semble à tous que l’épidémie dure longtemps. Mais deux à trois mois environ est un délai tout à fait normal pour une épidémie, quelle qu’elle soit, et on voit déjà le nombre de nouveaux cas diminuer en Chine où l’épidémie a commencé.
  • Oui, il existe des gestes simples pour se protéger. Se laver fréquemment les mains, toutes les heures environ, notamment avant et après les repas, après être aux toilettes ou avoir caressé un animal, éternuer ou tousser dans son coude, éviter les bisous… C’est vrai que l’on ne peut plus acheter de masques de protection, mais ils étaient destinés aux malades et pas utiles en mesure de précaution. Quand aux gels hydroalcooliques, ils ne sont pas indispensables si l’on s’assure une bonne hygiène des mains.
  • Enfin, car les enfants sont souvent inquiets en premier lieu pour eux mêmes, il faut bien retenir que les enfants ne que très peu touchés, avec seulement 3 % des cas concernant des jeunes de moins de 20 ans et la mortalité chez les personnes de moins de 40 ans n’est que de 0,2 %. D’ailleurs, chez les enfants, les symptômes sont si légers qu’ils peuvent passer inaperçus

Et vous, avez-vous parlé Coronavirus avec vos enfants? Avec quels mots?

5 commentaires sur “Parler du Coronavirus avec les enfants

  1. tout à fait d’accord
    autant sur ce virus qu’en général cf ton paragraphe sur « parler sans angoisser; pour dédramatiser ; »
    car si les enfants savent entendent toujours plus que ce qu’on croit
    je n’arrêtais pas de le marteler (!) lors de ma réunion de rentrée
    si soucis m’en parler
    venir discuter échanger partager
    non par curiosité malsaine mais parce que les enfants entendent et ont parfois des ressentis insoupçonnés (par ex croire qu’ils sont responsables de qq chose -je parle en généralité là pas du virus-
    les non dits c’est toujours ça qu’il faut combatte

    donc bravo

    1. Exactement, en à peine quelques jours, ils avaient commencé à se faire tout un tas d’idées, et il vaut mieux finalement mettre les bons mots dès le départ que de les laisser s’imaginer des choses, voire croire en un tabou toujours dramatique, au risque de se créer un sentiment de peur irraisonnée. Tu as raison, il faut combattre les non dits et ne pas hésiter à en parler, à partir d’un certain âge en tous cas (que je situerais au CP et à l’élémentaire où les discussions vont bon train en cours de récréation)

      1. nous sommes d’accords
        ben figure toi que dès la TPS les 2 ans aussi !! (l’age de mes loulous TPS ps Ms ) en adapant le discours bien entendu !
        🙂

        ce sont des éponges …. ils entendent tout

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